mercredi 28 février 2007
Ségolène Royal, ‘’serrer les dents’’ et parler vrai
Et faire la grimace pendant cinq ans si la candidate applique aux pieds de la lettre tout son programme !
Au-dela de cette plaisanterie, il faut reconnaître du courage à la candidate pour délaisser aussi ostensiblement la langue de bois en pleine campagne électorale, période ou le mensonge est de rigeur. Ou le candidat fait plutot office de Père Noel que de Père - Mère en l’occurrence- fouettard !
Ségolène Royal a le mérite de ne pas bercer le peuple d’illusions sur la nature des réformes à accomplir pour remettre d’aplomb une France vacillante et sur les effets qui ne seront pas immédiats. Bref, ce ne sera pas une partie de plaisir. Mais, comment peut-il en aller autrement vu l’état de notre pays ?! Mais l’entendre dire aussi clairement fait beaucoup de bien.
Ce sera un (grand) mal pour un (grand) bien !
Il y a donc bien une façon nouvelle de s’adresser aux francais et par la-même de faire de la politique avec Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Un parler vrai que personne n’aurait pu imaginer auparavant.
Mais face a une vigilance accrue des citoyens et à la multiplication des sources d’informations sans parler de leur capacité nouvelle d’intervenir dans le débat public, les politiques peuvent-ils faire autrement ?
Ce qui serait fantastique pour que notre joie soit totale, c’est que Ségolène Royal se débarrasse définitivement de la vieille peau idéologique du parti socialiste, qu’elle engage sa mutation pour enfin réussir sa modernisation. Soit ajuste ses pendules programmatiques à l’heure de ce monde tout neuf en pleine gestation. Et dont bien malin celui ou celle qui aujourd’hui peut dire sans peine à quoi il ressemblera dans trente ans.
lundi 26 février 2007
Parti Socialiste : le second effet Jospin ?
Néanmoins comment expliquer cette(subite) remontée ?
La plupart l’attribue à sa prestation de qualité sur TF1. Il est évident que Ségolène Royal a été à la hauteur et rassuré sur sa ‘’stature’’. Donc son rôle est patent.
Cependant, beaucoup oublie un autre élément de taille qui a très probablement changé la perception de la candidate socialiste. L’intégration de Lionel Jospin au sein de son équipe. Ainsi que celles de ses anciens ‘’adversaires’’ Dominique Strauss-Khan et Laurent Fabius jusqu’ici tenu à l’écart de son dispositif. Ce rassemblement a remis de baume au cœur aux militants et sympathisants de la gauche.
Lionel Jospin est un gage indiscutable d’expérience d’une campagne présidentielle (même si sa défaite au premier tour reste et restera un échec terrible), de maîtrise des affaires au plus niveau et d’intelligence dans la compréhension et l’appréhension des préoccupations des français.
Cette intégration donc rassure. Et met en confiance un parti, une équipe et un électorat qui en manquait cruellement ses derniers temps. Tactiquement c’est bien pensé.
Mais stratégiquement ? Car il y a une partie des électeurs de gauche qui, d’une part, ne pardonne toujours pas à l’ancien premier ministre d’avoir déserté en pleine bataille ! Et d’autre part, lui reproche sévèrement la mise en œuvre des 35 heures que beaucoup considère comme un des causes de leur perte de pouvoir d’achat ressentie. Sans compter ceux et celles qui jugent Lionel Jospin comme appartenant au passé et non à l’avenir de la politique française si désireux d’écrire un nouveau chapitre.
C’est pourquoi sur ce coup c’est à quitte ou double.
Cependant, si la raison l’emporte, à gauche, chez les électeurs, on devrait comprendre que la candidate a plus à gagner qu’à perdre en faisant participer l’ancien premier ministre. Un catalyseur sur le long terme.
Catalyseur qui pourrait faire défaut à Nicolas Sarkozy si Dominique de Villepin à droite traîne les pieds et n’apporte pas un franc soutien au candidat de l’UMP. Sans parler de l’attitude et du positionnement de Jacques Chirac qui pourrait, non pas être décisif, mais déterminant pour Nicolas Sarkozy.
Ceci pourrait être donc le second effet Jospin.
vendredi 23 février 2007
Lionel Jospin revient… parmi les ‘’siens’’ ( ?)
Cet appel cache mal les ratés d’une campagne moyenne et qui convaint guère les francais. D’ou cette érosion vers le centre. C’est la loi des vases communicants. Face à l’urgence de la situation, au grands maux, les grands remèdes.
Lionel Jospin doit avoir du mal à dissimuler sa joie. Une douce revanche sur celle et ceux qui il y a encore peu au nom d’une rupture dans les dirigeants politiques, autrement dit, l’avènement d’une nouvelle génération, l’avaient écarté sans ménagement de la course, lui faisant comprendre, parfois brutalement, que la politique ce n’était plus de son age !
Voilà qui s’appelle de la raillerie au ralliement !
L’ancien premier ministre a du se demander, par les temps qui courent, si ce n’était pas un canular.
Comment ce retour va-t-il etre apprécié par les sympathisants et militants ?
Ce retour est partiellement un aveu d’impuissance (et d’echec jsuqu’ici) de l’équipe en place, distancée nettement par la droite et rattrappée par Francois Bayrou. Alors que le PS pensait devoir concentrer ses feux exclusivemet sur le leader de l’UMP voilà qu’il doit aussi mener une deuxième offensive. Ce qui demande deux fois plus d’énergie. Donc les hommes et femmes ne seront pas de trop afin de livrer de front ces deux combats politiques. Sans compter celui contre l’extrême gauche. Mais ce dernier demande peu de ressources car guère menacant.
Au fait, comment Ségolène Royal a-t-elle convaincu Lionel Jospin ? Quel marchandage ? Quelle promesse ? D’être son premier ministre ? Invraissemblable a priori. Mais après tout, en politique francaise, la soif de pouvoir chez nos responsables est souvent plus fort que tout. Même la fierté.
jeudi 22 février 2007
Sarkozy, rappelle-toi Liverpool…
Dans le camps de Nicolas Sarkozy l’heure est au triomphalisme. Voire au péché d’orgueil. Difficile de se contenir à voir les sondages qui donnent vainqueur, et depuis quelque temps haut la main, le leader de l’UMP dans l’hypothèse d’un duel au second tour contre Ségolène Royal. Mais c’est probablement trop beau pour être vrai. Même si en effet à la fin février les tendances généralement s’affirment.
Un triomphalisme mal placé. D’une part, croire que Ségolène Royal est définitivement hors jeu c’est se mettre le doigt dans l’œil. Remontée il y aura. La campagne va s’intensifier. Apprenant rapidement de ses fautes, elle corrige actuellement le tir. Preuve en est sa performance sur TF1, cette fois-ci minutieusement préparée. Aucun détail n’a été laissé au hasard. Fin de l’impréparation. Une de ses grandes faiblesses jusqu’ici. Donc un premier avertissement pour la droite.
Le second vient de François Bayrou. Il monte. Et il semble avoir encore une marge de progression. A moins que Ségolène Royal parvienne à ramener les électeurs de gauche jusqu’à présent égarés. François Bayrou au second tour ? Je dis très probable. Rappelez-vous en 2002, quand on évoquait la possible présence de Jean-Marie Le Pen au second tour ! Rires goguenards car hypothèse relevant de la science-fiction et balayée d’un revers de main avec cette arrogance de la certitude des choses sues par les soi disants experts de la vox populi et de la politique ! Donc prudence, prudence…
Surtout dans ce cas de figure pour Nicolas Sarkozy. Car être confronté à François Bayrou au second tour ce serait le pire des scénarios pour lui avec de grande chance de perdre.
Plus que tout, Nicolas Sarkozy et son équipe devrait faire preuve de modestie et jusqu’au bout. Car la campagne ne fait que commencer. Elle va monter en puissance dans les semaines à venir. A droite on se comporte comme si le match était déjà plié alors que nous sommes à l’entraînement. Et que la fin de la partie n’a pas été encore sifflée… par les citoyens. Car ce sont eux qui décideront du sort de chacun, dans les urnes. Sans oublier les débats télévisés ou la moindre phrase, sourire mal interprété peut faire radicalement basculé les choses.
Que Nicolas Sarkozy, amateur de football, et son équipe, se souviennent donc de cette finale mémorable de la Ligue des Champions en 2005. Le Milan AC menait 3 à 0 et se voyait déjà sacré champion d’Europe… Quand Liverpool en a décidé autrement et retourné la situation en leur faveur pour remporter ce titre.
Que la droite aussi garde précieusement en tête ce sondage ou 79% des français affirment que l’élection n’est pas encore jouée… En effet, le péché mignon des français c’est de faire sentir à leurs responsables politiques que ce sont eux les maîtres de la situation, un plaisir trop rare pour ne pas le savourer pleinement quand il leur est donné.
A méditer impérativement à droite pour éviter des lendemains plus que difficiles en cas de défaite et une sacré gueule de bois dont elle mettrait beaucoup de temps à s’en remettre.
mercredi 21 février 2007
Ségolène Royal et l’île aux enfants !
Car sur le fond, autrement dit les propositions, comme disaient les Inconnus dans l’un de leurs films ‘’c’est la cata, c’est la catastrophe’’. En effet, Ségolène Royal telle une fée nous promet du merveilleux, un pays idyllique fait de toujours plus d’Etat (sa baguette magique) généreux et aux petits soins avec ses citoyens de 7 à 77 ans. Un Etat qui materne. Quelque soit votre bobo, votre souci, votre problème, pour le résoudre ce sera simple comme un coup de fil : appelez l’Etat ou un de ses sbires administratifs. Et hop vous voilà guérit pour le mal qui vous affecte !
Bien sur, autant de propositions fort onéreuses. Mais sur le coût bouche cousue, ce sont les élections, donc le temps des promesses. Le temps viendra bien de chiffrer tout ce pataquès.
Bref, Ségolène Royal ce n’es plus la France qu’elle nous propose et décrit. Mais l’île aux enfants. En effet ‘’voici venu le temps des rires et des chants’’. Avant de déchanter et le désenchantement qui s’en suivra inévitablement, avatar de cette ‘’gloubiboulga’’ qu’elle nous sert au lieu d’un véritable programme répondant aux exigences de la France et capable de la remettre sur les rails de la croissance et de la modernisation.
lundi 19 février 2007
La gauche au plus bas. La modernisation, le remonte pente !
Cependant, au second tour, sa marge de manœuvre est considérablement étroite. Elle parviendrait au mieux à rassembler 10% de plus sur son nom !
La gauche paie lourdement, et dans son ensemble, un déni de réalité. Autrement dit, un discours, une approche de la réalité et de la vie quotidienne des français complètement obsolète, anachronique et en dissonance avec les préoccupations de leurs concitoyens.
Un déni qui s’explique par une gauche qui campe sur son idéologie et s’arc-boute sur des principes en déphasage total avec notre société post-moderne et un environnement international en mouvement permanent et à une vitesse accélérée. Et dont les conséquences sur notre pays, à la fois économiques et sociales, se font ressentir au quotidien.
Ce déni de réalité est le mal qui frappe la gauche. Et donc alimente cette hémorragie constante, notamment de la part des classes moyennes et de la classe ouvrière qui ne se retrouvent plus du tout dans un Parti Socialiste ossifié et embourgeoisé. Sans parler d’une extrême gauche aux desseins fantaisistes, aucunement crédible et au discours qui sonne faux. Une extrême gauche qui joue les amuseurs mais certainement pas le rôle de porteur d’un projet réaliste et possible capable de susciter l’adhésion. Et donner cet élan dont la France a un impérieux besoin.
Tant que la gauche se refusera à cette modernisation, elle ne progressera pas dans l’opinion publique qui voit bien qu’il y a comme un ‘’couac’’ entre la rhétorique socialiste toujours à promettre les vieilles lunes ou des recettes inopérantes et leur quotidien. La modernisation est la clé de voûte d’un retour en grâce de la gauche. Mais quand se décidera-t-elle à cette mue ?
Alors que la gauche vit dans le virtuel, les français attendent plus que jamais des leaders partageant leurs préoccupations, donc proches d’eux et de pleins pieds dans le réel. Un impératif en temps de crise, de doutes, d’incertitudes et d’inquiétudes.
jeudi 15 février 2007
Economie française, la Berezina ?
Ainsi, la France a enregistré, en 2006, le plus faible taux de croissance de la zone euro ! A l’exception, je vous le donne en mille… du Portugal ! La France est un des plus mauvais élève. Elle échappe donc à la cuillère de bois de peu. Mais bien sûr l’honneur est loin d’être sauf pour un de pays père fondateur de l’Europe et un des pays traditionnellement moteur de l’économie du ‘’Vieux continent’’.
Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, à cette contre-performance de la croissance, il faut rajouter une dette qui continue son envolée pour désormais atteindre 64% du PIB ! Sans parler du taux de chômage, un des plus élevés de la zone euro. Et du commerce extérieur qui vient de battre un record historique avec un déficit de 30 milliards d’euros en 2006 ! Là ou l’Allemagne brille avec un excédent record !
Bref, une claque dont le gouvernement se serait bien passée en ces temps de campagne électorale. Un retour violent à la réalité !
Les raisons de cet affaissement sont connus, archi connus de tous. Une mauvaise spécialisation de notre industrie. Autrement dit, non seulement nous fabriquons des produits que tout le monde sait faire mais en plus nous vendons à des pays moyennement solvables !
Les remèdes sont connus aussi, archi connus aussi. Chacun y va de son laïus sur la croissance. C’est une condition nécessaire. Mais largement insuffisante. Car pour avoir de la croissance, forte et durable, il y a un impératif absolu : entreprendre les réformes structurelles. Or, depuis trente ans, c’est le Talon d’Achille de nos politiques. Car depuis trente ans ils se refusent à porter le fer dans la plaie, les plaies qui font maintenant de la France un cancre économique européen.
La France a les moyens de redresser la situation. Mais en a-t-elle la double volonté : politique et populaire ?
Tel est l’enjeu et la clé.