mercredi 8 juin 2011

Présidentielle 2012 : pourquoi tout est encore possible

L'affaire était entendue. Pliée. DSK serait élu président de la République. Largement au second tour. Selon les sondages et leurs dignes perroquets, les médias. Depuis DSK n'est plus dans la course. Une première dans l'histoire de notre cinquième République et de l'élection présidentielle. Même pas entré dans la compétition, le voilà déjà hors compétition !

Quant à Nicolas Sarkozy, 2012 devait être l'année de sa retraite politique. Totalement hors coup, il devait s'attendre à une véritable gifle électorale. Un revers sans précédent pour un président sortant. Au fond du gouffre, Sarkozy n'avait plus qu'à préparer ses cartons et se consacrer définitivement à sa nouvelle vie familiale, qu'il affectionne tant, selon encore les sondages et les médias. Et puis, voilà, effet des vases communicants ? Sarkozy voit, certes petitement, mais tout de même, sa côte de popularité remonter. Comment, en irait il autrement, diront les mauvaises langues, étant donné son taux extrêmement bas, certes. Mais faut il voir un signe encourageant, même si ce n'est qu'un frémissement ? Car l'essentiel semble fait : arrêter l'hémorragie.

Pour beaucoup c'est le fruit qu'il récolte de son nouveau comportement. Plus en phase avec sa fonction de président. Enfin, il se déciderait à revêtir les habits de Chef d'Etat. Un président qui prend de la hauteur, plus présent sur la scène internationale. Mais aussi, un président candidat à sa propre succession par un retour sur le terrain dans les régions françaises pour être à nouveau au plus prêt de cette ''France qui se lève tôt''. Des efforts sont faits. Pour corriger une image parfois désastreuse. Mais la version 2012 peut elle autant convaincre que celle de 2007 ? Les français lui pardonneront-ils ses fautes et errances ? Pour lui donner une seconde chance ? Tel est tout l'enjeu et l'équation à résoudre pour Nicolas Sarkozy. A lui de trouver la stratégie qui lui permette de regagner son capital de crédibilité érodé en cinq ans à peine.

Mais au fait Nicolas Sarkozy se représentera-t-il ? Tout porte à le croire. Mais deux éléments entretiennent, néanmoins, le doute. D'une part des sondages guère flatteurs encore à quelques mois de l'élection pourrait l'en dissuader. Question d'orgueil. D'autre part, sa conception de la politique. Contrairement à ses prédécesseurs, être président n'est pas une fin mais un moyen pour réaliser ses ambitions pour la France.

Passons maintenant au cas Jean Louis Borloo. Ce dernier a bien analysé d'abord qu'il pouvait faire fructifier son important capital de sympathie dont il bénéficie auprès de l'électorat. Mais comment et avec qui, telle est la double question (peine ?) qui lui reste à régler. Ensuite, il a vite compris que, la politique ayant horreur du vide, après le retrait de DSK, un boulevard se crée au centre droit et gauche. Un électorat très en attente. D'autant que son représentant en 2007 a échoué d'un cheveu, soit François Bayrou et que ce dernier semble avoir loupé le coche pour de bon. Un électorat à ce jour mal convoité. Enfin, Jean- Louis Borloo saisit parfaitement la faillibilité de la candidature de Sarkozy. En cas de sondages très défavorables quelques mois avant l'issue, Sarkozy pourrait très bien jeter l'éponge. Et dans ce cas, la droite se retrouverait confronter à un vite sidéral et brutal. Jean Louis Borloo, pour avoir longtemps à l'avance labouré le terrain, soigné sa stratégie, organisé ses réseaux et préparé l'opinion publique, pourrait s'imposer comme le recours et le candidat en dernier ressort de la droite. Un candidat capable de battre le candidat de la gauche car en état de mordre sur ce fameux centre qui manque, actuellement et cruellement à Nicolas Sarkozy pour l'emporter en 2012.

Finissons par les candidats du Parti Socialiste. Outre les figurants qui s'agitent, parlons des deux personnalités les plus sérieuses en lice pour gagner le titre suprême, Martine Aubry et François Hollande. Tous deux offrent des avantages comparatifs solides. A cela il faut ajouter qu'il est clair qu'ils profitent d'un climat favorable également de l'opinion publique, en règle général, lasse de l'ère Sarkozy. Le rejet qu'il a crée est du même calibre que celui de Bush Junior à la fin de son second mandat. Les américains avaient un besoin vital de renouveau. D'où l'élection de Barack Obama, ce qui n'enlève rien à sa campagne menée de mains de maître. Peut il récidiver ? A voir en 2012.

Mais étant donné le moral en berne des français et leur état de défiance envers les politiques dans leur capacité à redresser la barre socio-économique, rien est gagner pour les socialistes. Ils ont beaucoup à prouver par la présentation d'un programme réaliste, car les français ne sont plus crédules.

Vous l'avez compris - et c'est enfoncer une porte ouverte - de dire que pour la prochaine présidentielle tout est encore possible. Une évidence qui ne fait pas de mal à rappeler tant les médias nous intoxiquent les esprits par leur scénariis factices dont ils nous saturent à longueur de journée.

Rappelez vous que vous seul, citoyen, déciderez en vôtre âme et conscience le jour ''j'', du sort des prétendants et du devenir de notre pays.  

mardi 24 mai 2011

Pourquoi l'Espagne se mobilise, pas la France

Depuis plusieurs semaines maintenant, les ''indignés'', comme ils s'appellent eux-mêmes, ont investi massivement une des places centrales de Madrid. Et d'autres villes en Espagne.

Un mouvement populaire de mobilisation à grande échelle sans précédent en Espagne, peut être depuis la fin de l'ère Franco.

Une mobilisation qui, une fois de plus, a été initiée par des jeunes via les réseaux sociaux tels Facebook ou encore Twitter.

La similitude avec les ''printemps'' tunisiens et égyptiens frappe.

Un mouvement qui, désormais, concerne toute la population espagnole. Car les jeunes ont été largement rejoints par des cadres, travailleurs indépendants, fonctionnaires, retraités... Bref, un mouvement avant tout social et bigarré.

Tous unis contre le ras bol d'une élite politico-médiatique qui vivrait dans un autre monde, hors sol, préservé des conséquences terribles de la crise économique qui frappe sévèrement et durement les espagnols, tous sans exception. Sans parler de la cure d'austérité qui devrait aggraver la situation de beaucoup.

En effet, le taux de chômage est passé de 8% à 20% ! Quant aux jeunes, la conjoncture frôle vraiment le scénario catastrophe avec un sur deux de moins de 25 ans au chômage.

Comme il est à craindre, du désespoir, de l'absence de perspective naît, d'abord la frustration puis la colère qui monte. Irrésistiblement. De sourde, elle finît toujours par éclater. Avant, dans la plupart des cas, de dégénérer. Surtout quand la classe politique fait la démonstration soit de son indifférence, comptant sur le classique essoufflement du mouvement, soit de son incapacité manifeste à répondre aux attentes (immenses) de la population.

C'est probablement une première en Europe occidentale depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Car la nature de cette mobilisation est sociale et civique. Non idéologique.

L'exemple espagnol peut-il donner des idées aux autres peuples européens ? Probablement.

Même si les situations ne sont pas tout à fait les mêmes. Une des singularités de l'Espagne : le taux de chômage particulièrement élevé chez les jeunes.

Cependant, à y regarder de plus près, le tableau n'est pas moins sombre parmi nombre de pays européens.

La France peut-elle aussi être gagnée par l'exaspération espagnole ? J'en doute. Pourtant, objectivement, les français ont toutes les raisons de descendre dans la rue.

Cependant, j'y vois deux éléments inhérents à notre culture et système social qui y font obstacle jusqu'ici.

D'une part, notre individualisme, à croire qu'il est inscrit dans nos gènes. Le Français pense d'abord, généralement, à son propre intérêt avant celui de l'intérêt général. Inutile de s'écrier comme une vierge effarouchée. C'est une part patente de notre culture.

D'autre part, trop de monde profite des largesses de notre système social. Autrement dit, trop de monde est redevable de nos leaders politiques. Il suffit de penser que plus de la moitié des ménages français bénéficient d'aides, de subventions, d'allocations en tous genres pour se subvenir. Une façon d'acheter la paix sociale, à n'importe quel prix en sorte.

A moins que l'émergence d'Internet couplé à un véritable ras le bol, une lassitude, notamment face à aux affaire politiques et aux comportements scandaleux de leaders censés être exemplaires, ne prennent le dessus chez les français. Qu'ils comprennent que tous ensemble, ils auraient nettement plus à gagner qu'à jouer leur propre partition dans leur coin. Qu'ils mesurent que s'indigner est nécessaire mais insuffisant pour espérer changer le cours des choses. La fatalité n'existe que pour ceux et celles qui restent les bras croisés.

lundi 23 mai 2011

Pourquoi sondages et démocratie ne font pas bon ménage

Figurez vous que les jeux étaient faits ! Que le sort des élections présidentielles de 2012 étaient déjà scellé ! Plus de suspens. Nous connaissions le grand gagnant. Son nom ? DSK ! La France doit être probablement la seule démocratie moderne au monde ou, finalement, l'organisation d'élection est inutile, voire futile. Puisque les sondages consacrent un an à l'avance le nom du futur vainqueur.

Imaginez l'économie de coût pour l'Etat. Plutôt une aubaine au moment ou nos caisses sont vides, nos finances publiques affichent des déficits sans pareils et que l'austérité est de rigueur.

Mais voilà, ''l'élu'' avant l'heure selon les sondages et les médias, vient ,en une nuit, de mettre à bas ce scénario trop bien huilé et magnifique. Même magnifié par les médias.

Le scénario déjà écrit, que le bon peuple n'avait plus qu'à avaliser, cela devait être une pure formalité selon ces instituts de sondage et les médias, s'est effondré, a fait littéralement pschitt ! ''Boum boum badaboum'' DSK aurait pu reprendre à son compte la célèbre expression de notre Belmondo national à qui on vient de rendre l'hommage qu'il mérite. Et heureusement de son vivant.

Quelle stupeur a du parcourir le monde politico-médiatique ! L'effroi a du en saisir plus d'un. Une fois de plus, ce qui devait être, ne sera pas.

Rapidement, pour garder la tête haute, on élabore immédiatement de nouveaux scénariis, démontrant que nul, décidément, n'est irremplaçable. On se met en quête, illico, du prochain candidat qui ferait l'affaire. Surtout celle servant les intérêts de l'élite politico-médiatique. Et déjà deux noms tiennent la corde : Martine Aubry et François Hollande. Inutile de dire, qu'à leur place, je m'inquièterai de cet engouement.

Car à ce jour, nul candidat qui avait les faveurs des médias n'est parvenu à gagner l'élection présidentielle. Une vraie malédiction qui, pourtant, ne décourage pas les médias.

En tous cas, il est clair que cette affaire et ses conséquences, posent sérieusement la question de la pertinence des sondages et de leur multiplication si longtemps avant l'échéance.

Faut il les interdire ? Ou tout du moins, revoir la réglementation pour en corriger les excès et abus ? Selon leur périodicité, leur nombre autorisé (mois, semaine), leur récurrence ? Des questions, elles, pertinentes. Et que tout leader politique se devrait de se poser. Un minimum de déontologie en la matière ferait le plus grand bien.

Il est évident que cette surenchère voire orgie sondagière à la longue nuit à la bonne santé de notre démocratie, déjà bien malade au regard à la fois des taux d'absention aux élections et de la défiance forte entre les élus et le peuple.

Qui aura le courage de se saisir de cette question, fondamentale, pour éviter que se répètent les erreurs d'hier ?  Sinon, chacun court le risque d'une réplique du pire, soit un nouveau 21 avril 2002.

lundi 16 mai 2011

DSK, pourquoi l'essentiel est ailleurs...

La contre attaque des amis et proches de DSK ne s'est pas fait attendre. Normal, la meilleure des défenses étant l'attaque ! De surcroît elle se fait sur un terrain attendu, autrement dit, DSK, selon eux, aurait été victime d'un traquenard, d'un piège pour le confondre. Et dans le but, non dit, mais personne n'est dupe, de l'éliminer de la course à la présidentielle 2012.

A cette heure, toutes les conjectures sont envisagées. La justice venant à peine de ce saisir du dossier. Je ne parlerai pas d'affaire. Car je suis viscéralement attaché à un droit fondamental de la personne : sa présomption d'innocence. Les médias, il est regrettable de le dire, se comporte, pour reprendre une expression de François Mitterrand, comme une ''meute de chiens'', la gueule bavante car prêts à tout pour obtenir le scoop qui fera l'audience.

Même si le chefs d'accusation sont très graves. Agression sexuelle et tentative de viols. Inimaginable de la part d'une personnalité aussi imminente et qualifiée que DSK et surtout quand on a pour ambition de devenir Chef de l'Etat de la France.

Néanmoins, la contre attaque de ses proches ne tient pas la route non plus. Car traquenard ou pas, là n'est pas la question. L'inquiétant vient du fait, a priori, que DSK serait incapable de contrôler ses pulsions face à la tentation de la volupté physique. Nous avons tous nos défauts et nos vices. Mais quand on aspire à gouverner un pays on s'attend de la part du prétendant à une plus grand maîtrise de soi, du sang froid et à donner la priorité, en toutes circonstances, à la raison.  Et non céder à ses pulsions.

Dans tous les cas, un comportement incompatible avec ses prétentions politiques. Ses proches ne peuvent, non plus, faire comme si par le passé, DSK n'avait pas fait parler de lui pour des histoires guère son avantage vis à vis du sexe opposé.

 La gêne est conséquente. Sans parler d'un malaise encore plus grand. Car, il y a un côté, malgré tout, sordide. Indigne du rang de l'homme, de la France qu'il représente et du rôle du FMI qu'il présidait, surtout dans ce contexte de crise socio-économique, la pire à laquelle fait face le monde depuis les années 30. Et la désespérance qu'elle a engendré pour beaucoup de nos citoyens.

Il est clair que l'avenir politique de DSK s'arrête, de toutes façons, ici. Même si son innocence est reconnue. Pour l'image déjà désastreuse induite de la France. Pour sa propre réputation, cela va de soi.

Mais, hélas, il n'est pas sûr que cela soit aussi évident pour DSK et ses proches. Dans ce cas, le désastre, moral, serait encore plus dévastateur. Pour le pays.

L'intérêt général commande à DSK ce retrait définitif. Un vrai gâchis. Cependant, DSK n'était-il pas, avant tout, un produit médiatique ? Car à chaque élection, les médias, tel le Golem, nous façonne un candidat qui leur ressemble. Cela fera l'objet d'un autre article.

jeudi 17 mars 2011

Pourquoi j'ai honte d'être européen...

... en particulier et de la communauté internationale en général.

Le dictateur sanguinaire, psychopathe et meutrier Kadhafi est sur le point de remporter la guerre contre les insurgés. Les villes à l'est du pays, fief de la rebellion, cèdent les unes après les autres face à la contre offensive menée par les forces pro-kadhafi. Ces dernières regagnent le terrain perdu.

Conséquence, les populations fuient. De peur de la représsion qui devrait s'en suivre. La chronique d'un massacre à grande échelle annoncé. Car le dictateur a parlé de ''purge''.

Ou comment la révolution libyenne sonne le glas. En toute logique car la bravoure des insurgés ne peut rien face au nombre et aux moyens démentiels auquel le dictateur a eu recours, faut il préciser, contre son peuple. Les moyens, tous sans aucune exception, justifient la fin, celle de conserver le pouvoir à n'importe quel prix.

Voilà qui nous rappelle, non sans effroi, l'attitude d'un autre dictateur, heureusement défunt depuis, autrement dit Saddam Hussein qui n'hésitait pas à massacrer ses populations. Quitte à utiliser les armes chimiques comme la communauté internationale et l'Union Européenne devraient s'en souvenir. Mais l'amnésie les frappe.

A cette heure, bien sur, la révolution libyenne n'a pas encore échoué. Comment croire le contraire.

La faute ? A la  couardise, la  lâcheté de  l'Union Européenne et de la communauté internationale. A son irrésolution, à sa peur. Quelle pusillanimité ! Aucune décision commune, ferme n'a été prise. Aucune mesure décisive mise en oeuvre. Comme la plus évidente, celle d'apporter une aide militaire aux rebelles.

Nous avons donc, nous, parait-il, qui nous revendiquons de l'universalité des droits de l'homme, de la liberté, de la dignité des peuples, de la démocratie, de la pluralité, choisi d'abandonner ce peuple libyen à son propre et terrible sort. Ce peuple, qui, pourtant, lors de sa révolution, a porté haut ses valeurs et principes dont nous sommes, parait-il, les défenseurs  et viscéralement attachés.

Comment ce peuple va-t-il nous considérer après ce lâchage ? Faudrait-il s'étonner que le ressentiment le détourne tragiquement de notre modèle et qu'il se laisse séduire par d'autres sirènes... suivez mon regard.

Pourquoi cette faiblesse de la part de nos Nations ? Pourquoi cette impuissance à agir ?

Probablement parce que nos dirigeants politiques, à l'inconnu en cas de chute du dictateur Kadhafi, préfère encore une Libye, certes dictatoriale, mais stable. Bien meilleur pour nos frontières. Quelle erreur. Car justement, en accédant à la démocratie, aux libertés, il y a tout lieu de penser que le progrès social et le développement économique deviendraient enfin une réalité pour les libyens. Voilà les meilleures armes de disuassion massive contre une immigration de grande ampleur.

J'ai honte de l'Europe et de la Communauté internationale. Quand comprendront-elles qu'on a tout à perdre à courber l'échine face à une dictature ?

Décidément, nous avons la mémoire courte et d'un pathétisme sans nom de voir que les terribles erreurs du passé ne servent même pas de leçons pour nos contemporains...

Peuple libyen, révoltez vous, criez, insurgez vous mais s'il vous plait en silence... l'Union Européenne et la Communauté internationale détestant être sorties de leur sieste de façon intempestive, de surcroît, par des peuples qu'elles jugent pas à la hauteur...

vendredi 11 mars 2011

Pourquoi l'automobiliste paie toujours

Il va s'en dire qu'au moment de faire le plein à la station d'essence notre moral prend un gros coup de pompe. Car l'Etat nous siphonne sans modération. Aucune. Faut-il rappeler que les taxes représentent de 50 à 60% du prix au litre !

Madame  Lagarde, ministre de l'économie, a récemment écarté l'idée d'une baisse justement de la ponction fiscale. Au nom du rétablissement de nos finances publiques dans un état catastrophique comme chacun le sait. Ou comment l'intérêt général prime sur notre intérêt particulier d'automobiliste. Et encore... tout dépend ou l'on place le curseur de l'intérêt collectif. Les cas prévisibles de dépôt de bilan des entreprises de transport qui n'auront pas les reins financiers suffisamment solides pour passer ce cap extrêmement difficile, ne relèvent-ils pas de l'intérêt général ? Car qui dit fermeture d'entreprises, dit licenciement, dit baisse de la consommation donc mise en péril des commercants de la région, etc. Donc au bout du coup c'est bien l'intérêt général qui est indirectement mis sur la scellette !

Oui l'automobiliste paie toujours. Il est la vache à lait par excellence. Surtout en ces temps d'écologisme à tout va. Ou on le rend coupable de nombre des maux environnementaux. Un vrai rideau de fumée.

Oui l'automobiliste est le bouc émissaire, facile et tout trouvé. Autre exemple. Dans la région Rhone-Alpes, nous avons vécu pendant une semaine une alerte à la pollution, à Lyon, Grenoble, aux vallées menant aux stations de ski, principalement en raison d'un temps sec, beau et froid. Dans ce cas, on demande aux automobilistes de réduire obligatoirement leur vitesse de 20km/h. On ne peut que partager et comprendre la mesure si nous avons un minimum de conscience verte.

Cependant, l'automobiliste est une nouvelle fois le dindon de la farce dans cette affaire. En effet, demandons nous aux avions de réduire leur vitesse de 100Km/h au moment de leur atterrissage ? Plus sérieusement, des mesures sont-elles prises, dans le même temps, pour diminuer le trafic aérien ? Nada. Rien.  Pourtant, voilà qui permettrait également de réduire significativement nos émissions en CO2, non ? Pourquoi cette politique de deux poids deux mesures ?

Probablement parce qu'il est plus toujours plus facile de s'en prendre au  plus faible ?...

mardi 8 mars 2011

Pourquoi Marine Le Pen est la ''petite''candidate qui monte...

Deux derniers sondages, à prendre avec toutes les précautions habituelles, car c'est une photographie à un instant ''t'' de l'opinion publique, qui plus est à plus d'un an de la présidentielle, placent donc Marine Le Pen en tête du premier tour quelque soit le candidat de gauche. Quant à Nicolas Sarkozy, au mieux il se place deuxième, au pire, le voilà éliminé dès le premier tour !

Un véritable scénario catastrophe à l'état de pure fiction à ce jour et jusqu'à preuve du contraire par les urnes.

Faut il s'en étonner ? S'en émouvoir ? S'étonner non car la classe politique dans son ensemble a tout fait et continue de tout faire pour ainsi porter aussi haut le Front National que beaucoup des experts, la plupart issu d'ailleurs d'un microcosme politico-médiatique parisien avec lesquels les français sont de moins en moins en odeur de sainteté, considéraient comme hors course il y a encore peu.

Tous les faits de ces dernières semaines sont du pain béni pour la présidente du FN : les affaires tunisiennes de MAM, l'étrange séjour du premier ministre en Egypte, le retour au gouvernement de têtes bien faites mais anciennes qui mettent sérieusement à mal la rupture tant promise par le candidat Sarkozy, la relance bancale d'un débat sur l'islam, les hésitations de l'exécutif face aux révolutions arabes... n'en jetez plus ! Le verre est plein. Et se remplit tout seul pour le FN. A chaque faute supplémentaire, c'est une voix de plus pour la présidente du FN.

Mais au fait on pourrait espérer que la gauche, l'opposition dite républicaine, devrait être la principale bénéficiaire des déboires d'un président à la déroute et de son parti majoritaire totalement déboussolé. Que neni. La gauche, au contraire, stagne. Pourquoi ? D'une part, la gauche est avant tout idéologique, campe sur un flagrant déni de réalité que ce soit sur la délinquance, l'immigration, la sécurité. Mais aussi sur les questions économiques et sociales. Et le français ''moyen'' en prise directe avec les difficultés quotidiennes, comprend ce déphasage. Cet autisme même de la part de certains leaders de gauche. D'autre part, elle se montre franchement à nue en termes de propositions sérieuses et de programme crédible.

Ce qui est curieux c'est que la droite et la gauche continuent à minimiser cette percée du FN. Ils s'affichent même une crédulité convaincue. Pour les deux camps, une telle hypothèse relève de la pure fiction. Ni plus, ni moins. L'amnésie les frappe, oubliant le 21 avril 2002. Ou alors feignent. Qui sait, tétanisés au fond d'eux mêmes, par une peur qu'un leader ne doit pas laisser transparettre publiquement. Et légitimement de peur d'affoler l'électorat.

Toutefois, personne ne semble prendre la mesure de ce que cela signifie. Et les conséquences inimaginables sur nos sociétés, la paix sociale.

Croire que les scénarii politiques dramatiques de l'entre deux-guerre appartiennent, définitivement, à l'Histoire, c'est bien méconnaître la psychologie des peuples guidés par la peur et ignorer que l'Histoire peut se répéter, qu'elle est un cycle avant d'être linéaire.

Pour s'en convaincre, il suffit de regarder, en ce moment, de l'autre côté de la méditerranée...

A bon entendeur...